dimanche 8 mai 2011

KRASZNAHORKAI Laszlo. THESEE UNIVERSEL

Thésée universel. 1993. KRASZNAHORKAI Laszlo
Paris. 2011. Editions Vagabonde. 94 pages.
(LP480)
Présentation de l’éditeur :

Devant un mystérieux auditoire, un orateur livre des vues saisissantes sur la condition humaine. Évoluant dans un univers à la fois réel et étrange, repoussant ses propres limites et celles du langage aux confins de l’hallucination, il entraîne, par ses assauts répétés, le lecteur dans une troublante confrontation avec les lois de l’imagination.
Utilisant le mode narratif du discours, László Krasznahorkai explore dans cette fiction composée de trois mouvements des thèmes fondateurs de la littérature : la tristesse, la révolte, la possession. Face à l’escalade de la peur et du mépris, tel un anatomiste de l’apocalypse des désirs, il tisse une trame burlesque et acérée où l’invention jubilatoire se conjugue aux effets les plus périlleux.
László Krasznahorkai est l’auteur de Tango de Satan, La Mélancolie de la résistance et Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau, romans traduits par Joëlle Dufeuilly.
Mon avis ( Mai 2011) :
Thésée universel reste une œuvre de l’esprit (fiction), même si il nous apparait difficile de classer cet écrit dans la catégorie des romans. Un orateur se présente devant une mystérieuse assemblée (dans laquelle on tend à reconnaître des militaires ??), dont nous n’apprendrons presque rien si ce n’est des détails (Les  portes d’accès sont-elles  ouvertes ou fermées ?...) et dont les motivations demeurent encore plus obscures. D’autant plus, qu’on n’en sait guère plus sur cet orateur, si ce n’est que mentalement torturé, il doute de sa liberté, supposant sa captivité sous cet auditorium.
Il s’agit donc de 3 discours, dont le premier s’intéresse à la tristesse, et au cours duquel l’auteur nous entraîne à la découverte d’une baleine géante exposée dans un village (apparemment, je ne peux le confirmer n’ayant pas lu cet ouvrage, ce thème est déjà présent dans La mélancolie de la Résistance). Sa vision est pessimiste, et l’auteur entend bien nous en convaincre. La seconde conférence se propose de traiter  de la révolte, en caricaturant la police s’en prenant à un marginal urinant sur un mur. L’autoritarisme et l’absurdité de certaines règles y sont  dénoncés. Le troisième discours, celui où l’on devine sa captivité, traite de la possession, que l’Homme ne peut connaitre en rien, et ce à travers le récit d’un Homme attiré par une inconnue bien étrange dans un bureau de poste.
Ce conte philosophique se termine par l’histoire d’un oiseau inconnu, que je vous laisse découvrir. .  
Un récit, que j’ai dévoré, en une petite journée, et en 3 phases (les 3 discours). Laszlo KRASZNAHORKAI nous entraîne dans des phrases interminables, dont certaines relèvent du chemin de croix si on veut les comprendre, passant d’une évidence à son contraire, d’une histoire à une autre, sans aucun rapport entre elles, si ce n’est d’appartenir à un conférencier – qui n’en est pas vraiment un – qui cherche tout simplement à exister et donc à discourir, et rien de plus…
Coup de cœur. Bravo. On peut s’interroger sur le temps (extraordinairement) long qu’aura mis ce texte à être traduit. Un grand merci à Partage Lecture et au éditions Vagabonde pour m’avoir permis cette découverte.

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