dimanche 13 mars 2011

POST, Elvin. LOSERS NES

Losers – nés. (Titre original : GEBOREN VERLIEZERS). POST Elvin. Traduit du néerlandais par GALLE Hubert
Paris. 2011. Editions du SEUIL. Collection Policiers. 306 p.
(LP475)
Présentation de l’éditeur :
« Pour ce qui est de Sean Whithers, je peux être bref. Tant qu’on fréquente des gens de son espèce, on a de temps en temps des morts autour de soi. »

Sean Withers est un caïd de la drogue, Roméo est bien placé pour le savoir : il a grandi à ses côtés, jusqu’à devenir un de ses guetteurs. Aujourd’hui, Roméo vend des magazines d’occasion sur un bout de trottoir de la 6e Avenue. Il a trouvé un boulot qui lui plaît et vient de tomber amoureux d’une cliente qui passe chaque jour devant son étal de revues…Enfin, le destin semble lui sourire.
Jusqu’au jour où Sean Withers réapparaît, pour lui proposer de « parler un peu ». Le frère de Roméo, à peine sorti de prison, s’est à nouveau empêtré dans les magouilles criminelles de Withers. Romeo, cédant peu à peu à la panique, commet un faux pas irréversible, qui plonge tout ce petit monde dans une impitoyable guerre des gangs.
Elvin Post est né en 1973 et vit près de Rotterdam, aux Pays Bas. Ce troisième roman traduit en Français, vient confirmer son remarquable talent pour la comédie policière. Il revendique des sources d’inspiration éclectiques : Tom Petty, les frères Coen, Elmore Leonard et ses deux enfants.

« Un grand maître hollandais du genre, en passe de devenir un grand maître tout court »
Crimezone.

Mon avis (Mars 2011)
Avec un style simple et facile d’accès – trop peut-être - , Elvin POST nous décrit le monde de la drogue, où le caïd (Sean Whiters), dont la schizophrénie est entretenue et démultipliée par une consommation excessive de thé aphrodisiaque, règne sur ses terres et sur ses ouailles. Car, on ne devient pas homme de main de Sean Withers mais on naît pour cette fin, tant le destin semble tout tracé dans cette histoire.
Tous les stéréotypes du genre se retrouvent, à commencer par la jeune femme (Vivian) , amoureuse de ce caïd, avant qu’elle ne découvre la véritable nature de son amant , le policier (Murino), dont la probité est entachée par une bavure, qu’il craint de voir se répéter,  le second, dont la seule ambition est de devenir une « figure de ce milieu », et bien sur les deux frères (Romeo et Russel) qui veulent révéler au monde, qu’ils ne sont pas forcément des losers – nés….
La mécanique est connue, tout comme l’intrigue, qui ne nous maintient guère en haleine. Néanmoins, et respectant ma ligne de conduite consistant à ne jamais « gâcher » le plaisir du futur lecteur, je n’en dirai pas plus sur l’intrigue elle – même. Les ficelles sont grosses, mais néanmoins, l’auteur réussit à nous intéresser, en grossissant le trait de ses stéréotypes. La description physique du chef de gang visant le territoire de Sean est truculente. D’autre part, le style d’Elvin POST fait une large place à l’humour, tantôt grivois tantôt plus noir….Le harcèlement, dont se rend coupable Roméo, ne masque pas le fait que Sean soit sauvé des griffes de la police par son envie…d’aphrodisiaque. Que dire encore de Vernon, prenant Roméo sous sa coupe, et lui racontant le temps, où il travaillait pour cette fameuse multinationale.
Sans être un coup de cœur, ce roman m’a néanmoins captivé, dans la mesure, où avec ironie Elvin POST nous dresse le portrait d’une société, où la place de chacun semble être tracée dès la naissance, et où les excès de chacun (Vivian avec son petit chien Zebra)  sont poussés à l’extrême…
Un grand merci aux Editions du Seuil et à BABELIO, grâce à qui j’ai découvert cet ouvrage plaisant à l’occasion de ma participation au Jury Seuil Policiers 2011.

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